Concept

Bien qu’une méthode de dépollution par les plantes phytoremédiantes se déroule sur une période plus longue qu’une approche usant des méthodes conventionnelles, la phytoremédiation représente un immense potentiel en région bruxelloise, notamment parce qu’elle augmente de manière économe et écologique la disponibilité et l’accès à des espaces propices pour accueillir, d’une part, des initiatives d’agriculture en ville (jardins privés, potagers collectifs, fermes urbaines, stations de compostage, etc.) et d’autre part, des activités écologiques (espaces verts, espaces d’interventions pédagogiques ou paysagères, etc.).

Pour pouvoir mettre les techniques de phytoremédiation au service d’une région plus durable et plus écologique, il convient de mettre en place un processus d’expérimentations et d’essais empiriques. Car bien que des projets-pilotes prometteurs aient été réalisés dans d’autres régions, les expériences de phytoremédiation hors laboratoire – c’est-à-dire soumises aux aléas climatiques et tenant compte des caractéristiques propres de chaque terrain – font actuellement défaut en Région de Bruxelles-Capitale.

Notre initiative vise à combler cette lacune en rassemblant pour la première fois deux compétences complémentaires mais indispensables[1] pour une phytoremédiation efficace : d’une part, celle des scientifiques, portant sur les processus d’accumulation, de stabilisation ou d’extraction des contaminants contenus dans le sol et, d’autre part, celle des jardiniers, maraîchers ou permaculteurs qui disposent des connaissances nécessaires pour que les plantes phytoremédiantes croissent de manière optimale sur un terrain donné.

L’innovation majeure de Opération Tournesol consiste donc en un rapprochement de ces deux types de compétences jusque là cloisonnées afin de fournir des observations empiriques qui permettront d’améliorer la prévisibilité, la fiabilité, la faisabilité de la technique de phytoremédiation afin d’évaluer de manière scientifique et empirique dans quelle mesure cette dernière permet de constituer ou non une alternative crédible à des procédés de dépollution conventionnels plus coûteux et plus nuisibles à l’environnement.

Dans une démarche visant la pérennisation et l’ouverture du projet, le premier cycle-pilote intègre non seulement l’exploitation de jardins comportant une pollution historique connue – les terrains d’expérimentation – mais également des sites « propres » qui serviront à la production de graines phytoremédiantes. En effet, ces graines ne sont actuellement pas commercialisées et un des objectifs de notre projet est de faciliter l’accès à des graines de variétés indigènes d’une grande utilité à l’ensemble des personnes actives dans l’agriculture urbaine.

Dans le cadre du premier cycle-pilote de mai 2013 à décembre 2013, participeront quatre sites avec une pollution établie en métaux lourds et deux sites sur lesquels les fleurs phytoremédiantes monteront en graines. Cette intégration des sites propres permettra un rayonnement plus important de l’initiative et soulignera la solidarité existante au sein du réseau des jardins-potagers animé par l’IBGE.


[1] C’est notamment une des conclusions majeures issues du workshop « les défis de la phytoremédiation en Région bruxelloise », organisé par le CEU le 19 février 2013.